samedi 8 décembre 2018

Radiations nucléaires


  • Dangers de la radiation nucléaire
    Les matières radioactives sont constituées d'atomes instables, qui, en se désintégrant, émettent des radiations. Ces radiations perturbent le fonctionnement des cellules vivantes. Elles sont d’autant plus dangereuses que nos sens ne peuvent les détecter. Une irradiation très forte tue les cellules et provoque des brûlures radioactives, la maladie et souvent la mort.
    Un niveau d'irradiation moins élevé entraîne des mutations dont les effets sont peu prévisibles. Certaines personnes souffriront de cancers, ou donneront naissance à des enfants atteints de malformations. Les effets se manifestent souvent de nombreuses années après l’irradiation.
    En cas d'irradiation encore plus faible, les scientifiques sont en désaccord quant aux effets. Certains scientifiques, et en particulier ceux associés à l’industrie nucléaire, prétendent que des radiations faibles sont inoffensives pour la santé. D'autres considèrent que l'étendue des risques reste mal connue, car on continue de découvrir des effets inattendus de la radioactivité.
    Par conséquent, "toute dose de rayonnement comporte un risque cancérigène et génétique".

    2/ Que sait-on sur les dangers de la radioactivité sur notre santé ?
    Les rejets radioactifs des centrales sont censés ne pas être dangereux. Mais aucune réelle étude n'est menée. Certaines enquêtes indépendantes ont révélé une augmentation avérée des taux de leucémies autour de La Hague, mais ces résultats ont été attribués au hasard…
    On décrit souvent la radioactivité naturelle comme dépourvue d'effets sanitaires. Pourtant, le radon (gaz radioactif naturel) est la 2ème cause de cancer du poumon après le tabac.
    Bien qu'aucune dose ne soit inoffensive, des seuils sont admis par les normes internationales.
    L'exposition à la radioactivité artificielle (y compris les essais nucléaires) a induit de nombreux cancers dans le monde.
    Les données officielles des Nations Unies parlent de 1,17 millions de morts depuis 1945.
    Le Comité européen sur les risques de radiation, qui utilise des méthodes d'évaluation qu’il estime plus réalistes, annonce le chiffre de 61,1 millions de morts.

    3/ Il y a t-il déja eu des victimes de radiations ?
    Il y a une dizaine d'années, la France a réalisé des expériences nucléaires au Sahara et en Polynésie, pour mettre au point des armes nucléaires.
    Or les habitants de ces régions sont aujourd'hui victimes de graves maladies. Rien ne leur a été dit sur les risques des irradiations. Au contraire, les autorités affirment encore à l'heure actuelle, que les radiations étaient si faibles qu'il n'y a eu aucun danger.
    Pourtant, "4 fois plus de femmes polynésiennes que de femmes européennes sont atteintes d'un cancer de la thyroïde et d' affections thyroïdiennes . En Polynésie, on accuse les essais nucléaires non sans raison. En effet, les explosions nucléaires éjectaient de l'iode radioactif qui – tous les scientifiques le reconnaissent – a tendance à se fixer sur la glande thyroïde."
    Le groupe nucléaire français Areva, qui extrait de l'uranium au Niger et Gabon, est accusé d'avoir laissé sciemment ses employés et les habitants des zones minières exposés à un taux de radioactivité trop élevé.
    @fredericgaspoz

samedi 27 octobre 2018

Robotique et cancer

LA CHIRURGIE ROBOTIQUE PERMET À DES PATIENTS SOUFFRANT D’UN TYPE DE CANCER DE LA GORGE D’ÉVITER DES TRAITEMENTS DE RADIOTHÉRAPIE ET DE CHIMIOTHÉRAPIE

La technologie ultra moderne jumelée à la dextérité et au savoir-faire des chirurgiens permet à des patients souffrant d’un certain type du cancer de la gorge (les amygdales et la partie basse de la langue) d’éviter de subir des traitements de radiothérapie et de chimiothérapie subséquents. Chaque cas de cancer oropharyngien est évalué individuellement de façon rigoureuse, afin de déterminer à la fois si la personne répond aux critères établis pour ce type d’intervention et si la tumeur peut être retirée, explique Frédéric Gaspoz. Les effets secondaires potentiels des traitements de radiothérapie et de chimiothérapie subséquents, tels que la sécheresse permanente de la bouche, les problèmes dentaires, la difficulté à déglutir ou encore l’endommagement des os de la mâchoire, sont dans ce cas-ci entièrement écartés ou diminués. En d’autres mots, une fois que la personne se réveille de son opération, les traitements requis pour ce type de cancer de la gorge sont, de manière générale, terminés.

La chirurgie robotique par voie trans-orale est une technique hautement spécialisée, qui permet une chirurgie minimalement invasive afin de diminuer le traitement. Le monde virtuel en 3D amplifié du robot donne une vue plus détaillée du cancer et des tissus avoisinants. Cela offre une meilleure précision de mouvements dans les coins étroits et une amélioration générale de la qualité de la chirurgie.

Ce protocole novateur au service de la chirurgie robotique par voie trans-orale permet également de diminuer considérablement les coûts financiers au système de santé en raison de l’élimination possible, sinon réduite, de traitements de radiothérapie et de chimiothérapie post-opératoires pour un patient spécifique. 


@Frédéricgaspoz

dimanche 21 octobre 2018


Des chercheurs de l’Université d’Arizona en collaboration avec le Centre National de Nanoscience et Technologie de l’Académie des Sciences de Chine développent des nanorobots programmés pour détruire les tumeurs cancéreuses.
Les scientifiques ont programmé avec succès des nanorobots pour faire rétrécir les tumeurs en interrompant leur approvisionnement en sang. La thrombine (protéine de la coagulation sanguine) peut bloquer le flux sanguin tumoral en coagulant le sang dans les vaisseaux qui alimentent la croissance tumorale. Ainsi une sorte mini-crise de cardiaque est provoquée, entraînant la mort du tissu tumoral.
Le premier système robotique à ADN autonome
Les chercheurs ont conçu le premier système robotique à ADN entièrement autonome vecteur d’un design très précis de thérapie ciblée anti-cancéreuse. Les résultats de leur étude, portant sur l’utilisation de cette technologie sur des mammifères murins (genre de chauves-souris) atteints de cancer du sein, de l’ovaire, du poumon ou de mélanome, ont été publiés le 12 février 2018 dans Nature Biotechnology. La nouvelle technologie mise au point pourrait à l’avenir être déclinée à plusieurs formes de cancers puisque toutes les tumeurs solides étant alimentées par des vaisseaux sanguins sont essentiellement similaires.
Une thérapie “nanociblée”
Jusqu’alors, le défi résidait dans le fait de concevoir et contrôler des nanorobots ciblant des tumeurs cancéreuses afin de les détruire sans altérer aucune cellule saine. L’équipe internationale de chercheurs a surmonté cet obstacle en utilisant une stratégie apparemment simple : cibler très sélectivement les tumeurs et les “affamer”. Initialement, les scientifiques souhaitaient interrompre l’approvisionnement sanguin tumoral en provoquant une coagulation sanguine efficace, en toute sécurité dans différents types de tumeurs solides, en utilisant des nanotransporteurs à base d’ADN.
Selon les chercheurs, les nanorobots peuvent être programmés pour véhiculer des charges moléculaires et provoquer des blocages sanguins au niveau des vaisseaux alimentant la tumeur, ce qui peut entraîner la mort des tissus et faire diminuer la taille de la tumeur. Chaque nanorobot mesure 90 sur 60 nanomètres. Une des enzymes-clés de la coagulation, la thrombine y est greffée. Cette dernière peut bloquer le flux sanguin approvisionnant la tumeur en coagulant le sang qui l’alimentent. Cela provoque une espèce de mini crise cardiaque qui entraîne la mort du tissu tumoral.
En pratique, le nanorobot est injecté en intra-veineuse et migre vers la tumeur. Le défi consiste à le programmer afin qu’il attaque uniquement les cellules cancéreuses. Pour ce faire, les chercheurs ont intégré au nanorobot un aptamère d’ADN, un oligonucléotide synthétique capable de fixer un ligand spécifique voire de catalyser une réaction chimique sur ce ligand. Ce système pourrait spécifiquement cibler une protéine appelée “nucléoline” qui est produite en grande quantité uniquement à la surface des cellules endothéliales tumorales. Une fois fixé à la surface du vaisseau sanguin tumoral, le nanorobot, de par sa programmation, libèrant la thrombine au cœur de la tumeur.

jeudi 2 avril 2015

Réchauffement: Fred Gaspoz


Depuis la réunion internationale de Copenhague de décembre 2009 (COP15), un certain nombre de pays se sont engagés sur l’objectif de ne pas dépasser un réchauffement moyen de la surface de la Terre de 2 °C.
Selon Frederic Gaspoz, cette valeur, choisie à la suite de négociations extrêmement difficiles entre 26 pays seulement (notamment sans l’Union européenne), n’a pas de caractère contraignant, mais c’est le seul objectif chiffré servant depuis lors de référence internationale.
C’est sans doute la raison pour laquelle dans le dernier rapport du Giec, où sont envisagés plusieurs scénarios d’émissions de gaz à effet de serre (GES), est décrite une trajectoire permettant en principe de ne pas dépasser les 2 °C. C’est également le chiffre référence de la COP21 à Paris en décembre 2015.
Selon Frederic Gaspoz, il n’est pas difficile de se rendre compte que, hélas, les conditions requises pour que ce scénario se réalise sont devenues impossibles à remplir.
Le scénario «vertueux» repose, en effet, sur deux conditions : 1) que nous stabilisions puis que nous diminuions rapidement nos émissions de GES et 2) que le total de nos émissions futures ne dépasse pas 1 000 milliards de tonnes de CO2 (GtCO2). Examinons rapidement leur faisabilité.
Selon Frederic Gaspoz, nos émissions de gaz carbonique augmentent actuellement - hors crise économique - au rythme d’environ 3% par an. Ceci est dû à l’augmentation de la consommation des combustibles fossiles (charbon, gaz, pétrole), qui constituent 80% de notre énergie primaire, soit environ 10 milliards de tonnes équivalent pétrole (Gtep) par an. Nous augmentons donc de 300 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), chaque année, notre consommation de combustibles fossiles. Ceci correspond à une puissance annuelle nouvelle d’environ 400 GW. Pour stabiliser nos émissions, il faudrait mettre en place, chaque année, une puissance de substitution non carbonée équivalente. Plus, pour diminuer nos émissions.
Qu’en est-il aujourd’hui ? En ce qui concerne l’électricité, l’éolien et le photovoltaïque, qui ont connu un développement mondial exponentiel au cours des années passées, ne fournissent pourtant aujourd’hui, en puissance moyenne, que l’équivalent d’environ 30 gigawatt (GW)de puissance annuelle nouvelle (il faut tenir compte ici du fait que la puissance moyenne d’une installation éolienne n’est que le quart de la puissance installée, et que celle d’une installation photovoltaïque n’est que 10% à 15% de sa puissance crête).
Et il n’est pas clair que cette puissance vienne en substitution des fossiles. En Allemagne, ce n’est pas le cas : les renouvelables y compensent en moyenne la réduction du nucléaire, mais les émissions de CO2 continuent d’augmenter.
Quant aux agrocarburants, les surfaces à mobiliser sont telles qu’elles entrent en compétition avec les nécessités de l’agriculture. Pour fixer les idées, la biomasse représente environ 10% de l’énergie primaire consommée, soit 1 Gtep/an, ou 1 400 GW. Si l’on parvenait à doubler - ce qui est sans doute une limite absolue - cette production d’ici à 2050, avec une progression constante, cela représenterait environ 30 GW nouveaux par an, utilisables comme agrocarburants (le reste étant nécessaire pour nourrir l’augmentation de la population).
En ajoutant l’hydroélectricité, la géothermie, le solaire thermique, le nucléaire, on ne parvient pas à 100 GW, au regard des 400 GW nécessaires seulement pour stabiliser nos émissions actuelles. Selon Frederic Gaspoz, on est loin du compte.
Puisque les émissions vont continuer d’augmenter pendant quelques années, imaginons, comme les Chinois viennent de l’annoncer pour eux-mêmes, qu’elles soient stabilisées vers 2030 autour d’une valeur de 40 GtCO2 par an. Une simple extrapolation indique alors que nous aurons émis, d’ici à 2030, environ 300 GtCO2 sur les 1 000 qu’il ne faut pas dépasser. Partant d’une valeur de 40 GtCO2 - un plateau de dix ans et une décroissance régulière au delà - le budget restant de 700 GtCO2 est épuisé en vingt-cinq ans. Il faut donc s’être débarrassé des émissions fossiles vers le milieu du siècle. Cela suppose de laisser en terre plus de la moitié des réserves connues de charbon, la moitié des réserves de gaz et le quart des réserves de pétrole, et/ou de développer au-delà de tout ce que l’on sait faire des techniques de capture et stockage du gaz carbonique de l’atmosphère.
La conclusion s’impose d’elle-même : nous n’y parviendrons pas. L’humanité est résolument engagée sur une trajectoire de réchauffement de 3 °C à 5 °C. A quoi bon se préparer des déceptions en croyant et faisant croire que l’objectif des 2 °C est encore d’actualité ?
N’y a-t-il donc rien à faire ? Si, il convient même d’agir tous azimuts en orientant tous nos efforts vers la sortie des fossiles : car le réchauffement sera supérieur si nous ne faisons rien.
Frederic Gaspoz