samedi 27 octobre 2018

Robotique et cancer

LA CHIRURGIE ROBOTIQUE PERMET À DES PATIENTS SOUFFRANT D’UN TYPE DE CANCER DE LA GORGE D’ÉVITER DES TRAITEMENTS DE RADIOTHÉRAPIE ET DE CHIMIOTHÉRAPIE

La technologie ultra moderne jumelée à la dextérité et au savoir-faire des chirurgiens permet à des patients souffrant d’un certain type du cancer de la gorge (les amygdales et la partie basse de la langue) d’éviter de subir des traitements de radiothérapie et de chimiothérapie subséquents. Chaque cas de cancer oropharyngien est évalué individuellement de façon rigoureuse, afin de déterminer à la fois si la personne répond aux critères établis pour ce type d’intervention et si la tumeur peut être retirée, explique Frédéric Gaspoz. Les effets secondaires potentiels des traitements de radiothérapie et de chimiothérapie subséquents, tels que la sécheresse permanente de la bouche, les problèmes dentaires, la difficulté à déglutir ou encore l’endommagement des os de la mâchoire, sont dans ce cas-ci entièrement écartés ou diminués. En d’autres mots, une fois que la personne se réveille de son opération, les traitements requis pour ce type de cancer de la gorge sont, de manière générale, terminés.

La chirurgie robotique par voie trans-orale est une technique hautement spécialisée, qui permet une chirurgie minimalement invasive afin de diminuer le traitement. Le monde virtuel en 3D amplifié du robot donne une vue plus détaillée du cancer et des tissus avoisinants. Cela offre une meilleure précision de mouvements dans les coins étroits et une amélioration générale de la qualité de la chirurgie.

Ce protocole novateur au service de la chirurgie robotique par voie trans-orale permet également de diminuer considérablement les coûts financiers au système de santé en raison de l’élimination possible, sinon réduite, de traitements de radiothérapie et de chimiothérapie post-opératoires pour un patient spécifique. 


@Frédéricgaspoz

dimanche 21 octobre 2018


Des chercheurs de l’Université d’Arizona en collaboration avec le Centre National de Nanoscience et Technologie de l’Académie des Sciences de Chine développent des nanorobots programmés pour détruire les tumeurs cancéreuses.
Les scientifiques ont programmé avec succès des nanorobots pour faire rétrécir les tumeurs en interrompant leur approvisionnement en sang. La thrombine (protéine de la coagulation sanguine) peut bloquer le flux sanguin tumoral en coagulant le sang dans les vaisseaux qui alimentent la croissance tumorale. Ainsi une sorte mini-crise de cardiaque est provoquée, entraînant la mort du tissu tumoral.
Le premier système robotique à ADN autonome
Les chercheurs ont conçu le premier système robotique à ADN entièrement autonome vecteur d’un design très précis de thérapie ciblée anti-cancéreuse. Les résultats de leur étude, portant sur l’utilisation de cette technologie sur des mammifères murins (genre de chauves-souris) atteints de cancer du sein, de l’ovaire, du poumon ou de mélanome, ont été publiés le 12 février 2018 dans Nature Biotechnology. La nouvelle technologie mise au point pourrait à l’avenir être déclinée à plusieurs formes de cancers puisque toutes les tumeurs solides étant alimentées par des vaisseaux sanguins sont essentiellement similaires.
Une thérapie “nanociblée”
Jusqu’alors, le défi résidait dans le fait de concevoir et contrôler des nanorobots ciblant des tumeurs cancéreuses afin de les détruire sans altérer aucune cellule saine. L’équipe internationale de chercheurs a surmonté cet obstacle en utilisant une stratégie apparemment simple : cibler très sélectivement les tumeurs et les “affamer”. Initialement, les scientifiques souhaitaient interrompre l’approvisionnement sanguin tumoral en provoquant une coagulation sanguine efficace, en toute sécurité dans différents types de tumeurs solides, en utilisant des nanotransporteurs à base d’ADN.
Selon les chercheurs, les nanorobots peuvent être programmés pour véhiculer des charges moléculaires et provoquer des blocages sanguins au niveau des vaisseaux alimentant la tumeur, ce qui peut entraîner la mort des tissus et faire diminuer la taille de la tumeur. Chaque nanorobot mesure 90 sur 60 nanomètres. Une des enzymes-clés de la coagulation, la thrombine y est greffée. Cette dernière peut bloquer le flux sanguin approvisionnant la tumeur en coagulant le sang qui l’alimentent. Cela provoque une espèce de mini crise cardiaque qui entraîne la mort du tissu tumoral.
En pratique, le nanorobot est injecté en intra-veineuse et migre vers la tumeur. Le défi consiste à le programmer afin qu’il attaque uniquement les cellules cancéreuses. Pour ce faire, les chercheurs ont intégré au nanorobot un aptamère d’ADN, un oligonucléotide synthétique capable de fixer un ligand spécifique voire de catalyser une réaction chimique sur ce ligand. Ce système pourrait spécifiquement cibler une protéine appelée “nucléoline” qui est produite en grande quantité uniquement à la surface des cellules endothéliales tumorales. Une fois fixé à la surface du vaisseau sanguin tumoral, le nanorobot, de par sa programmation, libèrant la thrombine au cœur de la tumeur.